Il reste à prier pour que Muriel Corre ne fasse pas capoter l’affaire…
Heureusement pour les victimes, elle n’est plus juge d’instruction
mais vice-présidente du Tribunal de Grande Instance de Lorient chargée
des fonctions de juge des libertés et de la détention, et les gendarmes
ont déjà réalisé un gros travail de vérifications.
Cela me rappelle l’affaire du double meurtre du stand de tir, à
Brest. Les faits criminels étant dans ce cas d’emblée incontestables, un
juge d’instruction de Brest avait été désigné pour instruire l’affaire,
lequel avait confié l’enquête d’abord aux gendarmes puis aux policiers.
Les premiers avaient bien travaillé et avancé… jusqu’au jour
fatidique où ils avaient mis en garde à vue une amie intime de la
criminelle Josette Brenterch de la LCR de Brest… qu’ils avaient dû
relâcher fissa après intervention d’un autre ami de la valeureuse
militante de l’extrême-gauche brestoise…
Les policiers qui ont par la suite repris l’enquête n’ont pas pu
faire mieux et disent que leurs collègues gendarmes étaient passés très
près de la bonne piste… devinez laquelle…
Une majorité de victimes potentielles étant domiciliées en Bretagne,
le parquet de la Rochelle se dessaisit de l’affaire au profit du parquet
de Lorient.
Joël Le Scouarnec a exercé notamment à l’hôpital de Jonzac en Charente-Maritime, de 2008 à 2017. (GOBIN MARIE-LAURE / MAXPPP)
Deux cent cinquante victimes potentielles de faits non prescrits du Dr Le Scouarnec,
ex-chirurgien accusé de viols et d’agressions sexuelles, ont été
identifiées, annonce lundi 18 novembre le parquet de la Rochelle. Une
enquête préliminaire avait été ouverte début octobre pour identifier de
possibles victimes, après la découverte d’un carnet
retrouvé au domicile du médecin en 2017. Dans ce carnet, des noms de
potentielles victimes étaient consignés et le médecin décrivait des
pratiques sexuelles qu’il aurait eues avec elles.
181 victimes potentielles mineures au moment des faits
Sur ces 250 victimes potentielles, 209 ont pu être auditionnées, plusieurs d’entre elles ont « fait état de faits précis ».
184 ont souhaité porter plainte (181 étaient mineures au moment des
faits), parmi lesquelles 138 sont actuellement domiciliées sur le
ressort de la cour d’appel de Rennes, dont 100 dans le Morbihan.
159 faits de nature criminelle et/ou délictuelles sont répertoriées
sur le ressort de la cour d’appel de Rennes, dont 100 dans le Morbihan
et 23 dans le Finistère, précise le parquet.
Le parquet de La Rochelle annonce donc se dessaisir au profit du parquet de Lorient, où siège le pôle criminel du Morbihan.
Encore un ami de pédophile qui s’enfonce en tentant de se
défendre… et celui-là est personnellement mis en cause par une victime
présumée…
Pour leur part, mes harceleurs semblent avoir fort bien compris que ce n’est pas leur saison.
En effet, à l’instar de leur Konducator Pascal Edouard Cyprien
Luraghi, ces pervers pro-pédophiles jadis si prompts à fondre en meute
sur des femmes qui comme moi parlaient de pédophilie pour en dénoncer
crimes et auteurs s’abstiennent de tout commentaire public sur cette
succession d’affaires qui n’arrangent pas les leurs.
Le prince Andrew, le 2 octobre à l »université Murdoch, à Perth, en Australie. Photo Paul Kane. Getty Images
Ni remords ni empathie : interrogé par la BBC, le fils de la reine
Elizabeth II s’est ridiculisé en défendant très maladroitement ses
relations avec le financier américain, délinquant sexuel notoire décédé
cet été en prison.
L’interview calamiteuse du prince Andrew, mis en cause dans l’affaire Epstein
La reine Elizabeth II avait donné son assentiment du bout des lèvres.
Les négociations avaient duré six mois, les conseillers royaux
craignaient le pire. Et le pire est arrivé. L’interview d’une heure du
prince Andrew par une journaliste de la BBC, diffusée samedi soir, s’est
révélée une catastrophe absolue, un désastre en termes de relations
publiques. Le deuxième fils et troisième enfant de la reine s’est
ridiculisé et discrédité en défendant maladroitement ses relations avec
l’Américain Jeffrey Epstein. Ce dernier est mort à 66 ans en prison le
10 août à New York, déjà condamné pour délinquance sexuelle et alors
dans l’attente de son procès pour trafic de mineures où il risquait la
réclusion à perpétuité. Retrouvé pendu dans sa cellule, les médecins ont
conclu à un suicide.
Il y a quinze jours, le conseiller en communication du prince Andrew,
59 ans, avait démissionné, en désaccord avec sa décision d’accorder
cette interview qu’il jugeait dangereuse pour la réputation du prince et
de la famille royale. Il avait raison. On pourrait rire, se moquer du
prince Andrew, railler la succession de ses réponses ahurissantes à des
questions pourtant précises. Critiquer son arrogance et ses excuses
alambiquées. Ce serait oublier ces dizaines de jeunes femmes, jeunes
filles, adolescentes et parfois enfants qui ont été violentées et fait
l’objet d’un trafic par Epstein et ses acolytes. Mondain, souriant ou
riant aux moments les moins opportuns, le prince Andrew ne semblait
préoccupé que par sa situation personnelle. A aucun moment, y compris
lorsqu’en fin d’entretien la journaliste Emily Maitlis lui a tendu une
perche, il n’a exprimé le moindre remord, donné le moindre signe
d’empathie pour les victimes d’Epstein.
La question était de savoir s’il faisait partie de la clique des
abuseurs autour d’Epstein. Virginia Giuffre, alors appelée Roberts, a
décrit dans des documents légaux avoir été au cœur d’un trafic comme
esclave sexuelle par Epstein et forcée à avoir des relations sexuelles à
trois reprises avec le prince Andrew, alors qu’elle avait 17 ans. «Je n’ai aucun souvenir d’avoir rencontré cette lady, absolument aucun»,
a-t-il affirmé. La photo où il apparaît souriant, collé et enlacé à la
jeune fille, pourrait avoir été trafiquée, a-t-il laissé entendre. «C’est bien moi sur le cliché, mais est-ce que c’est ma main sur sa taille…?» Virginia
Giuffre a décrit comment le prince transpirait abondamment dans une
boîte de nuit où ils avaient passé la soirée en mars 2010. «C’est
impossible parce que depuis la guerre des Malouines et une overdose
d’adrénaline lorsqu’on m’a tiré dessus, je souffre d’une condition
médicale qui m’empêche de transpirer», a expliqué benoîtement le prince. Avant d’ajouter : «Ce n’est que depuis récemment que je transpire à nouveau.»
Luxueuses résidences et jet privé
Dans un autre instant surréaliste, Andrew, un temps surnommé le
«prince playboy», a expliqué qu’aucune relation sexuelle avec Virginia
Giuffre n’avait pu avoir lieu le 10 mars 2001, comme la jeune femme
l’affirme. Ce jour-là, a-t-il expliqué, il avait «emmené sa fille Beatrice à une fête à Pizza Express à Woking».
A la question de savoir comment il pouvait se rappeler être allé ce
jour précis dans cette chaîne de pizzeria dans cette ville de la
banlieue de Londres il y a presque vingt ans, le prince a alors répondu
d’un air condescendant : «Simplement parce que c’est une chose inhabituelle pour moi, ce n’est pas vraiment moi.»
Ce qui était plus lui, c’était de séjourner régulièrement dans les
très luxueuses résidences de Jeffrey Epstein, à New York, en Floride ou
dans les Caraïbes. Ou de voyager dans son jet privé. En 2010, il avait
séjourné quatre jours chez lui à New York et avait été photographié en
sa compagnie lors d’une balade à Central Park. Jeffrey Epstein sortait
de prison après une première condamnation pour délinquance sexuelle. Le
prince Andrew a expliqué s’être rendu à New York pour lui signifier la
fin de leur relation amicale. «C’était la chose honorable à faire, lui dire en face-à-face.» Pourquoi alors séjourner quatre jours chez lui ? «Parce que c’était pratique.» C’est vrai que New York compte peu d’hôtels.
Lors de ses nombreux séjours dans les résidences d’Epstein, le prince
Andrew a affirmé n’avoir jamais rien remarqué d’anormal, notamment pas
la présence de très jeunes filles. «Je vis dans une institution, à
Buckingham Palace, où vous avez des membres du personnel qui circulent
constamment, je ne veux pas apparaître pompeux, mais il y avait beaucoup
de monde qui circulait dans la maison de Jeffrey Epstein. Pour moi,
c’était du personnel.»
Dans ce salon sombre de Buckingham Palace, une dernière question a jailli, une dernière chance. «Avez-vous des regrets, des remords, un sentiment de honte ?» lui a demandé Emily Maitlis. «Est-ce que je regrette qu’il se soit clairement conduit de manière inconvenante ? Oui.»«Inconvenante ? Il était un délinquant sexuel!» l’a interrompu, visiblement choquée, la journaliste. «Oui, je suis désolé, je voulais être poli», a répliqué le prince en souriant. Avant de s’enfoncer un peu plus en expliquant «ne pas regretter» son amitié avec Jeffrey Epstein. «Pour la simple raison que les personnes rencontrées et les opportunités ont été très utiles.»
Il n’y a décidément pas une journée sans qu’une nouvelle
voix ne s’élève en faveur du cinéaste et néanmoins pédophile Roman
Polanski… jusqu’au désaveu total de son propriétaire qui tout à coup
s’est révélé sous un jour… euh… stupéfiant…
Même quand il s’excuse, a priori sous la pression d’homosexuels à
juste titre outrés par ses propos, il est évident que le monsieur
Légitimus n’a toujours pas compris : c’est d’abord aux victimes de viol
ou de pédophilie qu’il aurait dû présenter ses excuses, car il y a là
des victimes, pas seulement un homme dont les moeurs n’auraient été pour
tous totalement irréprochables.
Et ces victimes, dont les vies sont brisées par des individus
bénéficiant presque toujours d’une impunité totale qui leur permet de
recommencer autant qu’ils veulent tout en faisant des émules, et
d’autant plus qu’ils sont connus et adulés d’un vaste public, on voudrait qu'il n'y en ait plus.
Affaire Polanski : Pascal Légitimus évoque des artistes «homosexuels» et pourtant admirés
Le membre des Inconnus a depuis supprimé son message et présenté ses excuses à « la communauté LGBTQ + ».
Vendredi, Pascal Légitimus avait appelé à dissocier « l’homme » et « l’artiste ». LP/Frédéric Dugit
Par Le Parisien
Le 17 novembre 2019 à 00h10
Tenter de se justifier… et s’enfoncer davantage. C’est le sort que
semble avoir connu Pascal Légitimus, ce samedi. Interrogé sur BFMTV sur
la nécessité – ou non – de boycotter le film « J’accuse » de Roman
Polanski, accusé de viol par une Française dans nos colonnes -, le comédien avait invité vendredi à dissocier « l’homme » et « l’artiste ».
Le membre des Inconnus avait par ailleurs évoqué un « dîner » chez
cet « homme vraiment charmant » il y a 20 ans. Une formule ambiguë qui
l’a poussé à préciser ses pensées sur les réseaux sociaux. Mais cette
plaidoirie a immédiatement déclenché un début de polémique.
« Ce n’est pas parce que Polanski m’a invité à déjeuner il y a 20 ans
et que j’aime ses films que je suis pour la pédophilie et que je le
défends […]. Voltaire était raciste, Sade pervers, Genet, Cocteau,
Trenet, homosexuels, et pourtant vous appréciez leurs œuvres », écrit-il
notamment dans un message supprimé depuis, mais capturé par des
internautes.
Le comédien de 60 ans a visiblement compris un peu plus tard qu’il
semblait par son message mettre sur un même plan le racisme, la
pédophilie et l’homosexualité. « Je me suis mal exprimé […], estime-t-il
dans un second post. Je m’excuse auprès de vous et de la communauté
LGBTQ + pour mes propos flous. »
L’acteur « ne cautionne en rien, évidemment, les faits et gestes » de
Roman Polanski, ajoute-t-il. Avant de conclure pas un « sans rancune »
qui n’a pas vraiment mis fin au vent de protestations sur les réseaux
sociaux.
Hôpital de Morlaix. L’enquête administrative réfute la maltraitance
Publié le 15 novembre 2019 à 17h37 Modifié le 15 novembre 2019 à 17h36
Pour Ariane Bénard, c’était la première fois qu’une
affaire était à ce point médiatisée, partie des réseaux sociaux. « Les
professionnels sont touchés par les commentaires ». (Le
Télégramme/Cécile Renouard)
« Je n’avais aucun doute sur le travail du personnel et je veux le
redire après avoir reçu le rapport de l’enquête administrative ». Ce
vendredi 15 novembre, Ariane Bénard, la directrice de l’hôpital de
Morlaix, tient dans les mains le rapport, effectué en interne, qu’elle a
diligenté après le dépôt de plainte
de trois sœurs, le 31 octobre, contre l’hôpital pour des faits supposés
de « maltraitance » vis-à-vis de leur mère de 63 ans, hospitalisée dans
l’un des services psychiatriques. Rapport qu’elle résume sans entrer
« dans le registre médical ».
Ce rapport a été codirigé par le directeur des soins, Bernard
Laurent, et par la présidente de la commission médicale de
l’établissement et médiatrice médicale, Dr Catherine Lemoine. Tous deux
ont analysé « le dossier de soins » et « médical », effectué « 23
entretiens avec des infirmiers, agents des services et cadres » et
rencontré « les médecins tant sur l’aspect somatique que psychiatrique
de la prise en charge ».
« Pas de dysfonctionnement dans la démarche médicale »
Et les conclusions sont tombées : « Il n’y a pas eu de
dysfonctionnement dans la démarche médicale, soignante et également
vis-à-vis des autres patients ». Et la directrice d’ajouter : « Les
éléments sont tracés : on peut dire à quelle heure chaque soin a été
effectué ». Un seul point peut être regretté, selon elle, « c’est de ne
pas avoir suffisamment communiqué avec la famille sur la dégradation de
l’état de la patiente », tout en rappelant que « c’est compliqué car on
s’interdit de donner des éléments par téléphone et comme la famille
n’était pas sur place »… Depuis, l’hôpital a proposé « une rencontre ».
Ariane Bénard rappelle que « l’émotion de la famille est compréhensible.
Elle vit des choses difficiles dans la prise en charge de la maman.
Elle est scandalisée mais c’est à mettre en relation avec la santé de la
patiente, non pas avec le travail de l’équipe ».
Concernant le volet judiciaire, le parquet de Brest a été contacté
mais n’a pas indiqué quelle suite était donnée à cette affaire. De son
côté, la famille a annoncé qu’elle sera représentée par l’avocat lillois
Frank Berton.
Il se prenait vraiment pour Napoléon quand il en portait le costume,
tout comme le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien
Luraghi est devenu pour sa part l’unique Konducator de ces dernières
années…
Tous les chemins mènent à Rome, dit-on.
Pour ces deux-là et un bon nombre de leurs copains violemment allumés
de la coiffe, ils passent d’abord par Rueil-Malmaison et le Château de
Malmaison, dont le conservateur n’est autre que le meilleur ami du
second, Alain Pougetoux, celui-là même qui en deux temps trois
mouvements, en 2002 et 2003, avait acheté pour lui la maison dont il est
alors devenu propriétaire et qu’il occupe toujours aujourd’hui à
Puy-l’Evêque, comme il l’a lui-même raconté plusieurs fois sur la toile
depuis qu’il y sévit régulièrement, notamment dans un commentaire de
2006 qui se trouve rapporté dans cet article du 3 avril 2016 :
Ce n’est pas l’ami de 30 ans du premier qui me contredira, il est
lui-même originaire de Rueil-Malmaison et a bien dû y rencontrer assez
souvent les Le Pen autant qu’un autre passionné de Napoléon, le très
villepiniste… Dominique de Villepin !
Noter par ailleurs qu’à l’instar de tous les pervers que j’ai sur le
dos depuis des lustres, Oleg Sokolov a déjà complètement inversé les
faits criminels qui lui valent aujourd’hui son placement en détention
provisoire en racontant que sa victime, devenant selon lui folle de
jalousie, l’aurait attaqué avec un couteau… Il n’aurait fait que se
défendre et son avocat parle de plaider la légitime défense… Ben voyons…
Pourquoi se gênerait-il quand ça marche si bien au pays de son idole ?
Professeur à l’Institut des sciences sociales, économiques et
politiques (ISSEP) de Lyon, Oleg Sokolov a été arrêté en état d’ébriété,
le 8 novembre dernier aux abords de la rivière Moïka en Russie. Dénoncé
par des témoins pour son comportement suspect, l’homme était en train
de jeter des sacs à l’eau. A l’intérieur de l’un de ces sacs, les
policiers ont fait une macabre découverte : deux bras d’une femme…
L’historien a finit par avouer qu’il venait de tuer l’une de ses
étudiantes qui partageait aussi sa vie. Une mort survenue après un coup
de pistolet automatique. L’homme a ensuite cherché à se débarrasser du
corps en le dépeçant…
« Mon ami de 30 ans »
Oleg Solokov qui avait reçu la Légion d’honneur en 2003 des mains du
Président Jacques Chirac, est un ami de 30 ans de Pierre-Jean Chalençon.
Ce midi, dans la quotidienne de Crimes sur NRJ12, l’acheteur d’Affaire Conclue s’est dit “bouleversé”.
“Quand j’ai appris la nouvelle samedi, j’en ai même pleuré parce que
j’ai trouvé ça terrible. Ca m’a bouleversé, parce qu’Oleg est une
personne très agréable. Jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse être
capable de faire ça. C’est étonnant », a-t-il déclaré à Jean-Marc Morandini.
« Il était un peu schizophrène »
Pierre-Jean Chalençon raconte : « Il avait des accès de folie de
temps à autre quand il était sur les champs de bataille. Il faisait des
reconstitutions historiques depuis une vingtaine d’années. Une fois, il
avait tellement maltraité un cheval qu’il en est mort. Il lui avait
donné des coups. Il avait ce côté slave. Il pouvait être très doux, très
délicat. Quand il avait un accès de colère ou d’alcool, il pouvait être
assez tempéreux. Mais de là à tuer quelqu’un, c’est absolument
invraisemblable”. “Je pense qu’il a ingurgité des masses d’alcool.
Peut-être qu’il avait des problèmes de santé depuis quelques temps. Il
était un peu schizophrène », a continué Pierre-Jean Chalençon. Il s’est dit prêt à se rendre à son procès « dès qu’(il aura) des nouvelles un peu plus sérieuses”.
Auteur de plusieurs livres dont certains traduits en français, Oleg
Sokolov a été décoré de la Légion d’Honneur en 2003 et a travaillé
comme conseiller sur des films et documentaires sur Napoléon. Il aimait
aussi interpréter les rôles de Napoléon ou de ses généraux dans des
reconstitutions historiques de grandes batailles du Premier empire.
DENIS SINYAKOV / AFP
Arrêté, l’historien de 63 ans, a confessé dimanche avoir tué et
démembré son ancienne étudiante Anastassia Echtchenko, 24 ans, dont il
partageait la vie.
La justice russe doit décider lundi du placement en détention
provisoire d’un historien renommé pour le meurtre sordide de sa
compagne, suscitant une controverse sur les violences conjugales en
Russie et l’impunité de leurs auteurs. Oleg Sokolov, titulaire d’une
chaire d’histoire à l’université d’Etat de Saint-Pétersbourg et grand
spécialiste de Napoléon, a été sorti en état d’ébriété samedi matin par
la police de la rivière Moïka dans l’ancienne capitale impériale avec un
sac à dos où se trouvaient deux bras de femme et un pistolet d’alarme.
Arrêté, l’historien de 63 ans, a confessé dimanche avoir tué et démembré
son ancienne étudiante Anastassia Echtchenko, 24 ans, dont il
partageait la vie. Un juge doit décider de son placement ou non en
détention provisoire, à l’issue d’une audience prévue pour débuter à
11H00 GMT.
Selon Sergueï Echtchenko, le frère de la victime qui dit avoir parlé à
sa soeur peu avant sa mort, « c’est la jalousie » qui est le mobile du
crime. « Elle lui a dit aller à l’anniversaire d’un ami étudiant. Il l’a
passée à tabac, elle est sortie quant même puis elle est rentrée… »,
a-t-il raconté au site d’information RBK. Dès lors, des associations
voient dans cette affaire une nouvelle illustration du fléau des
violences faites aux femmes, alors que la Russie a décriminalisé en
2017, les violences familiales et conjugales dans la majorité des cas.
« Il ne faut pas attendre qu’une victime se fasse exécuter, il faut
faire de la prévention », s’est insurgée sur Facebook la militante pour
les droits des femmes Alena Popova.
Une première plainte
Elle dénonce un système judiciaire « pourri qui protège les hommes
violents jusqu’au moment où l’on a un cadavre » et estime que « ce
meurtre aurait pu être empêché ». Car, selon le quotidien poopulaire
Moskovski Komsomolets et une pétition lancée sur le site Change.org, M.
Sokolov avait déjà été mis en cause pour des faits de violences contre
au moins une jeune étudiante. La pétition, qui a recueilli 5.300
signatures en quelques jours, dénonce l’inertie de la direction de
l’université, l’accusant d’avoir fermé les yeux sur le comportement
« monstrueux » du professeur.
Une étudiante, qui avait eu une liaison avec Oleg Sokolov en 2008,
avait déposé une plainte à la police à l’époque, affirmant avoir été
attachée à une chaise par son amant qui l’aurait frappée au visage et
menacée de la marquer au fer rouge parce qu’elle voulait le quitter,
selon Moskovski Komsomolets qui publie la plainte. Malgré ces soupçons
et d’autres, aucune mesure disciplinaire n’a été prise à l’encontre du
professeur, selon les auteurs de la pétition qui ont adressé leur texte
au président Vladimir Poutine, un ancien de cette université, et réclamé
la démission du doyen et de plusieurs autres responsables
universitaires.
« C’est une preuve de l’impunité dont bénéficie (en Russie) les
hommes violents », a dénoncé auprès de l’AFP Alena Sadikova, qui dirige
le centre Kitej d’assistance psychologique aux femmes. Auteur de
plusieurs livres dont certains traduits en français, Oleg Sokolov a été
décoré de la Légion d’Honneur en 2003 et a travaillé comme conseiller
sur des films et documentaires sur Napoléon. Il aimait aussi interpréter
les rôles de Napoléon ou de ses généraux dans des reconstitutions
historiques de grandes batailles du Premier empire. Employé également
par l’Issep, l’école fondée par l’ancienne députée d’extrême droite
Marion Maréchal, il a été limogé immédiatement à l’annonce de son
arrestation.
Passé aux aveux, l’historien russe qui a tué sa compagne placé en détention et limogé
Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 12/11/2019 à 08:53
L’historien russe Oleg Sokolov, habillé en Napoléon, lors d’une reconstitution historique en 2005 en Russie.
afp.com/DENIS SINYAKOV
Oleg Sokolov, qui a reconnu avoir tué et dépecé sa compagne, avait
déjà été mis en cause pour des faits de violences à l’université de
Saint-Pétersbourg.
Son crime suscite un débat sur l’impunité des auteurs de violences
conjugales en Russie: un historien russe renommé, Oleg Sokolov, qui a
avoué avoir tué et démembré une de ses anciennes étudiantes, Anastassia
Echtchenko, 24 ans, dont il partageait la vie, a été placé en détention
provisoire lundi.
À l’issue d’une audience lundi après-midi devant un tribunal de
Saint-Pétersbourg, un juge a placé Oleg Sokolov, titulaire d’une chaire
d’histoire à l’université d’État de la ville et grand spécialiste de
Napoléon, en détention provisoire jusqu’au 8 janvier.
La police avait extrait l’éminent professeur de 63 ans, en état
d’ébriété, samedi matin de la rivière Moïka, dans l’ancienne capitale
impériale, portant un sac à dos où se trouvaient deux bras de femme et
un pistolet d’alarme. Depuis, à une poignée de kilomètres, d’autres
fragments du corps de la victime ont été retrouvés dans un autre cours
d’eau.
Des « remords »
Oleg Sokolov s’est couvert le visage des mains devant le juge pour
sangloter avant d’accuser la victime de l’avoir attaqué la première.
« Ces derniers temps, elle devenait folle lorsqu’il était question de
mes enfants » d’un précédent mariage, a-t-il dit. Selon lui, « elle a
attaqué au couteau ». « Je suis en état de choc, j’ai des remords »,
a-t-il ajouté. Son avocat, Alexandre Potchouev a évoqué la possibilité
de plaider la « légitime défense ».
Sergueï Echtchenko, le frère de la victime, avait affirmé lui que
« la jalousie » était à l’origine du crime. « Elle lui a dit qu’elle se
rendait à l’anniversaire d’un ami étudiant. Il l’a passée à tabac, elle
est sortie quand même puis elle est rentrée… », a-t-il relaté au site
d’information RBK.
Des associations voient dans cette affaire une nouvelle illustration
du fléau des violences faites aux femmes, alors que la Russie a
décriminalisé en 2017 les violences familiales et conjugales dans la
majorité des cas.
L’historien démis de ses fonctions
Après l’annonce du placement en détention, l’université de
Saint-Pétersbourg a annoncé qu’Oleg Sokolov était « démis de ses
fonctions ». Selon le quotidien populaire Moskovski Komsomolets et une pétition lancée sur le site Change.org, Oleg Sokolov avait déjà été mis en cause pour des faits de violences.
Une étudiante, qui avait eu une liaison avec Oleg Sokolov en 2008,
avait déposé une plainte, affirmant qu’il l’a attachée à une chaise,
frappée au visage et menacée de la marquer au fer rouge parce qu’elle
voulait le quitter, selon Moskovski Komsomolets.
Aucune mesure disciplinaire n’avait pourtant été prise, selon les
auteurs de la pétition qui ont adressé leur texte au président Vladimir
Poutine. Interrogé par la presse, le porte-parole du Kremlin a condamné
un « crime effroyable », mais a refusé de lier le meurtre à un débat
plus large.
J’en ai eu cinq et ai pu le constater à de multiples reprises,
d’abord avec la première tant qu’elle était toute seule, puis avec toute
son équipe de descendants, qu’elle manageait super bien : les plus
jeunes étaient chargés de monter la garde chacun à un point stratégique
de la maison quand la maîtresse se trouvait en situation de grande
vulnérabilité (au lit en train de dormir, dans la salle de bains, les
toilettes, etc…) et d’appeler les aînés, notamment l’attaquante en chef,
pour faire la chasse à l’intrus en cas d’alerte. L’efficacité était
toujours au rendez-vous, aucun ne se maintenait plus de 30 secondes…
J’ai vu aussi l’unique mâle de l’équipe, qui ne supportait pas que les
filles se mettent en danger en rivalisant d’adresse dans toutes sortes
d’acrobaties sur les rampes de l’escalier, sauter lui-même entre les
rampes pour se retrouver immédiatement suspendu au-dessus du vide
central, ne se retenant au bord d’une rampe que des griffes de la main
gauche, tandis que de l’autre il repoussait les filles vers l’escalier
pour leur faire quitter la rampe, le tout en criant, très énervé, et une
fois sa mission accomplie, rebondir lui-même dans l’escalier en
repassant par-dessus la rampe, dans le sens inverse du premier saut… En
général, il m’appelait à la rescousse ou venait me chercher pour que
j’intervienne quand elles faisaient des bêtises, mais là, il ne tenait
plus et je n’avais eu le temps d’arriver que pour le voir passer à
l’action.
Physiquement, il ne ressemblait pas au chat siamois de la vidéo, qui a
plutôt l’air d’être une bonne maman : poil ras, grand, très fin, tout
en muscles avec une tête de loup, il faisait peur à tous les vétos, qui
ne tarissaient pas d’éloges sur sa beauté, sa musculature
impressionnante, ses mâchoires puissantes, ses crocs d’une blancheur
éclatante (il aimait bien les os de poulet, qu’il broyait jusqu’à en
faire de la bouillie), ses oreilles tout aussi impeccables (même chose
pour les filles, également très belles : ils se faisaient tous la
toilette mutuellement) et s’extasiaient nettement moins sur ses griffes
jamais taillées, mais ce n’était pas la peine : quoique entier il a
toujours été super gentil et très câlin. C’était mon petit garçon, quoi.
Comme tous les siamois, il adorait sa maîtresse et se serait mis en
quatre pour me faire plaisir.
Le 23 août dernier, j’avais rapporté dans l’article
suivant des propos de Cyprien Luraghi intervenant au mois d’octobre 2009
dans les commentaires du site Rue89 pour défendre le cinéaste pédophile
:
Il faut bien dire que j’avais aussi remarqué durant l’été toutes les
séries « coquines » ou « érotiques » du site pro-pédophile 20minutes.fr,
dont sa rétrospective sur l’année 1969 qui fut l’occasion pour ses
auteurs de publier en date du 9 août 2019 une photographie de Roman
Polanski avec cette seule légende : « Roman »…
J’avais ainsi bien relevé ce qui m’avait valu la publication
calomnieuse d’Hélène Sergent du 28 janvier 2019 : une sympathie certaine
pour les adeptes de pratiques sexuelles non « bourgeoises »…
Si Libération reconnaît bien depuis longtemps avoir eu tort de
soutenir des pédophiles dans les années 1970 et jusqu’au début des
années 1980, d’autres ont encore à effectuer ce travail d’auto-critique.
En attendant, notons que les médias qui, à l’inverse, n’hésitent pas à
relayer les témoignages de personnes se disant victimes de viols ou de
pédophilie, ne le font pas sans avoir au préalable recueilli suffisamment
d’éléments de preuve pour s’assurer que ces témoignages soient tout à
fait crédibles.
Cela n’a évidemment rien à voir avec le soi-disant « témoignage » à
mon encontre de la fausse victime de cyberharcèlements Pascal Edouard
Cyprien Luraghi, publié le 28 janvier dernier par la journaliste
pro-pédophile Hélène Sergent sur le site pro-pédophile 20minutes.fr.
Je rappelle qu’en réalité ce sont mes proches et moi-même qui sommes
victimes des harcèlements multiformes de ce pervers narcissique et de
ses divers complices depuis maintenant plus de onze ans.
Roman Polanski : le «J’accuse» de Valentine Monnier
PODCAST. La photographe dit avoir été violée par le cinéaste à
Gstaad, en Suisse, pendant l’hiver 1975. Code source raconte le travail
de vérification qui a permis la publication de son témoignage par le
Parisien.
« Je sors bouleversée de la lecture de son témoignage. Je
la crois », nous indique Adèle Haenel, à propos des révélations de
Valentine Monnier. DR
Par L’équipe de Code source
Le 11 novembre 2019 à 18h02
Ecoutez Code source, le podcast d’actualité du Parisien
Roman Polanski est accusé de viol pour la première fois par une Française. Vous avez sans doute entendu parler de cette affaire révélée par Le Parisien le vendredi 8 novembre.
La publication de ce témoignage
est le résultat d’une longue enquête que raconte, dans cet épisode de
Code source, Catherine Balle, journaliste au Parisien depuis 2003.
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A propos de Code source
Code source est le podcast quotidien d’actualité du Parisien. Des
histoires racontées par les journalistes de la rédaction ou par celles
et ceux qui les ont vécues directement. Un rendez-vous porté par le
présentateur Jules Lavie et la reporter Clawdia Prolongeau, à retrouver
du lundi au vendredi à partir de 18 heures sur LeParisien.fr ou sur les
principales plateformes d’écoute.
Crédits
Direction de la rédaction : Pierre Chausse – Rédacteur en chef :
Jules Lavie – Reporter : Clawdia Prolongeau – Production : Marion
Bothorel – Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol – Musiques :
François Clos – Identité graphique : Upian.
La nouvelle affaire Polanski : une Française l’accuse de viol
Valentine Monnier assure que le cinéaste l’a violée en 1975.
Plusieurs témoins nous confirment son récit. C’est la première Française
à accuser ainsi le réalisateur, qui conteste les faits.
Valentine Monnier, 18 ans en 1975, accuse Roman Polanski de
l’avoir violée à Gstaad il y a plus de 44 ans. AFP/Thomas Samson et DR
Par Catherine Balle
Le 8 novembre 2019 à 19h30, modifié le 9 novembre 2019 à 09h36
Elle s’est tue pendant quarante-quatre ans. Et puis, elle a écrit un texte. Un « cri », dans lequel elle dénonce : « En 1975, j’ai été violée par Roman Polanski.
Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le
connaissais à peine, décrit Valentine Monnier. Ce fut d’une extrême
violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad (Suisse).
Il me frappa, roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me
faisant subir toutes les vicissitudes. Je venais d’avoir 18 ans. »
Dans ces lignes, cette photographe, qui a été mannequin à New York et
a joué dans quelques films, comme « Le Bar du téléphone » ou « Trois
hommes et un couffin » explique que c’est la sortie au cinéma du « J’accuse » de Polanski, en salles le 13 novembre, qui lui impose de parler.
VIDÉO. Valentine Monnier, la Française qui accuse Roman Polanski de viol
Mi-septembre, Valentine Monnier nous contacte pour publier son texte.
Ses accusations sont graves. Elle n’a jamais déposé plainte et les
faits sont prescrits. Depuis 2017, encouragée par le scandale Weinstein,
Valentine a raconté son histoire dans des lettres à la police de Los
Angeles, à Brigitte Macron, Franck Riester et Marlène Schiappa… Elle a
reçu quelques réponses que nous avons pu consulter.
Marlène Schiappa lui répond notamment : « Ces faits sont aujourd’hui
prescrits pour la justice française, et il m’est impossible d’intervenir
dans des procédures judiciaires engagées dans un autre pays. Je
souhaite néanmoins témoigner de mon soutien entier à l’égard de votre
démarche courageuse. »
« Le viol est une bombe à retardement »
Lorsqu’on la rencontre, cette femme réfléchie et directe sait que son
initiative est délicate. Elle nous explique alors les raisons de son
long silence. Ou comment, au choc, ont succédé l’instinct de survie, le
déni, puis la reprise de conscience. « Le délai de réaction ne vaut pas
oubli, le viol est une bombe à retardement, explique-t-elle. La mémoire
ne s’efface pas, elle se fait fantôme et vous poursuit, vous altère
insidieusement. Le corps finit souvent par relayer ce que l’esprit a
relégué, jusqu’à ce que l’âge ou un événement vous remette en face du
souvenir traumatique. »
Depuis quelques mois, cet événement a un nom : « J’accuse ». Dans ce
film, Polanski met en scène l’une des erreurs judiciaires les plus
célèbres de l’histoire française. Et a pu comparer, dans une interview,
l’acharnement dont a été victime Dreyfus à celui que lui-même aurait
subi… Lui qui est poursuivi par la justice américaine depuis 1977 pour avoir violé une mineure de 13 ans. « Est-ce tenable, sous prétexte d’un film, sous couvert de l’Histoire, d’entendre dire J’accuse par celui qui vous a marquée au fer, alors qu’il vous est interdit, à vous, victime, de l’accuser? », interroge Valentine.
« Attention, vous rappelez quelqu’un à Roman »
Valentine Monnier nous raconte alors ce qui se serait passé ce soir
d’hiver 1975. Après avoir obtenu son bac dans un lycée privé parisien,
elle profite d’une année sabbatique pour sortir et faire la fête. Cette
fille d’industriels alsaciens rencontre une jeune fille qui lui propose
d’aller skier en Suisse, avec des amis, chez Roman Polanski. Dont elle
sait alors seulement qu’il a réalisé « Rosemary’s Baby » en 1968 et que sa femme, Sharon Tate, a été sauvagement assassinée l’année suivante. Passionnée de ski, Valentine accepte.
Ce chalet, où elle partage sa chambre avec son amie, abrite aussi
Gérard Brach, fidèle scénariste du réalisateur, sa femme, le cinéaste
bien sûr, et Hercules Bellville, son assistant. Qui, énigmatique, glisse
à Valentine : « Attention, vous rappelez quelqu’un à Roman »… Après une
première nuit, Valentine part skier avec le cinéaste et certains de ses
amis dans une ambiance « bon enfant ». Jusqu’à ce que Polanski, seul
sur le télésiège avec elle, lui demande : « Do you want to fuck ? » (NDLR : Est-ce que tu veux b… ?). La jeune femme répond « Non » et la conversation tourne court.
Roman Polanski sur les pistes de Gstaad en janvier 1975. Gamma-Rapho via Getty Images/Bertrand Laforet
Le soir, Valentine dîne dans un restaurant d’altitude avec Roman
Polanski, celui-ci lui ayant proposé de participer à une descente aux
flambeaux. Une fois en bas de la piste, le réalisateur propose de
repasser au chalet, avant de retrouver son groupe d’amis dînant de leur
côté dans la station. Valentine rejoint sa chambre, se change. Quand
Polanski l’appelle à l’étage. « La vie ne m’avait pas encore formée à me
méfier », se souvient-elle. Mais une fois arrivée sur le palier,
celui-ci, nu, se jette sur elle, la frappe, lui arrache ses vêtements,
tente de lui faire avaler un cachet et la viole.
« J’étais totalement sous le choc, assure Valentine Monnier. Je
pesais 50 kg, Polanski était petit, mais musclé et, à 42 ans, dans la
force de l’âge : il a pris le dessus en deux minutes ». Valentine se
souvient de sa peur de mourir. « Je me suis dit : C’est Roman Polanski, il ne peut prendre le risque que cela se sache, alors il devra me tuer
». Puis, après l’agression, des excuses du réalisateur en pleurs. À
qui, terrifiée, elle promet de ne rien dire. Elle se rappelle avoir
aperçu, en redescendant, certains occupants du chalet, « comme des
ombres silencieuses », et quitté la maison. Valentine a ensuite « trouvé
refuge » chez un ami de Polanski.
« Il a pris soin de moi », commente celle qui, depuis 1975, a gardé
en mémoire le nom de ce « chevalier blanc ». Sans jamais le revoir,
comme elle n’a plus jamais croisé ceux qu’hébergeait alors le
réalisateur – à l’exception de Gérard Brach qui, des années plus tard, «
s’est présenté à (elle) pour lui exprimer ses remords. »
« Un récit très violent, très effrayant »
Cette nuit à Gstaad, Valentine ne l’a racontée que quelques mois plus
tard à sa meilleure amie Isabelle S., puis à celui qui deviendra son
petit ami pendant quatre ans. Aujourd’hui, les deux se rappellent très
bien de ses confidences. Isabelle rapporte un « récit très violent, très
effrayant » et l’ancien fiancé son sentiment d’impuissance face à une
Valentine qui « un jour, a craqué et raconté l’histoire en larmes. »
En 1993, elle se confiera aussi à son mari, rencontré un an plus tôt :
« Ce drame a refait surface dans notre vie à chaque actualité de
Polanski », note ce dernier. Vers 2001, la photographe se livre enfin à
son frère, Antoine, « épargné » jusqu’alors : « On vient d’une famille
assez catho, bourgeoise, tradi… Dans nos milieux, on ne pouvait pas
parler de ça », regrette celui-ci.
Tandis que ses proches nous relatent le récit, inchangé, de Valentine
depuis 44 ans, nous cherchons à contacter les invités de Polanski ce
soir de 1975. Mais Valentine Monnier a oublié le nom de l’amie
parisienne. « Le déni n’a pas encore levé tous les black-out »,
explique-t-elle. Le scénariste Gérard Brach est mort en 2006, sa femme
Elizabeth est introuvable et Hercules Bellville, l’assistant du
cinéaste, est décédé en 2009. Il y a un mois, Valentine décide alors de
contacter, pour la première fois depuis 1975, le « chevalier blanc » de
Gstaad. Elle le localise à l’étranger, lui envoie un e-mail et Charles (le témoin a souhaité qu’on utilise un pseudonyme) répond immédiatement : il se souvient d’elle et est prêt à nous parler.
« Elle m’a dit qu’elle venait d’être brutalement violée »
S’il tient à rester anonyme, Charles, comme nos autres
interlocuteurs, signera une attestation et témoignera si l’accusation
prenait une tournure judiciaire. « J’ai rencontré Roman Polanski à
Gstaad en 1969 ou 1970, nous explique-t-il dans le bureau de son avocat.
On est devenus amis, on se fréquentait, on skiait ensemble. J’ai
rencontré Valentine Monnier en compagnie de Polanski entre fin janvier
et début mars 1975. Après avoir dîné et skié ensemble avec un groupe
pendant un ou deux jours, elle m’a appelé et demandé si elle pouvait
venir chez moi. Elle avait l’air bouleversée. Quand elle est arrivée
dans mon chalet, je crois me souvenir qu’elle avait un bleu sur la joue.
Puis, elle m’a dit qu’elle venait d’être brutalement violée par
Polanski. »
« J’ai demandé à Valentine si elle voulait aller voir la police,
poursuit Charles. Sous le choc, elle ne savait pas quoi faire. Elle
était si jeune et d’un caractère très positif, elle essayait donc de
laisser cette expérience horrible derrière elle. » Charles a tout de
suite « cru » Valentine Monnier : « Je trouvais que c’était une personne
honnête et qui allait de l’avant et je n’avais aucune raison de douter
de ce qu’elle me disait. »
Encouragée par le témoignage de Charles, Valentine nous livre alors
le nom d’une autre connaissance de Polanski qui l’a aidée ce soir-là.
Cet homme, dont elle n’a jamais eu de nouvelles depuis non plus,
s’appelle John Bentley et avait loué à l’hiver 1975 à Gstaad le chalet
en face de celui du réalisateur. Lorsque nous retrouvons sa trace, cet
ancien producteur âgé de 79 ans se rappelle bien de Valentine. « Alors
qu’elle séjournait chez Roman, elle a traversé la rue un soir pour venir
chez moi et m’a dit qu’elle avait eu un problème avec Polanski,
raconte-t-il, par téléphone, puis dans une attestation signée. Elle m’a
demandé si je pouvais la protéger. Elle voulait être loin de Roman. Elle
avait l’air bouleversée. »
John Bentley assure ne pas se rappeler que Valentine lui ait parlé de
« viol ». « Sinon, j’aurais fait quelque chose », jure-t-il. Précisant
ensuite : « Roman avait des problèmes psychologiques avec les femmes.
Beaucoup de filles tournaient autour de lui dans l’espoir d’avoir un
rôle… Valentine était une très jolie fille, mais n’était pas de ce
genre-là. »
« Je dénonce le crime sachant qu’il ne peut y avoir de châtiment »
Quarante-quatre ans après s’être réfugiée chez John Bentley puis chez
Charles, Valentine Monnier a donc décidé de parler. Une fois pour
toutes. « Je ne souhaite plus m’exprimer après, insiste-t-elle. Je
dénonce le crime sachant qu’il ne peut y avoir de châtiment, pour tenter
d’en finir avec les exceptions, l’impunité. » Si son accusation lui
semble nécessaire, c’est parce que Polanski est un emblème : « Les
personnes publiques font figure d’exemples. En sacralisant des
coupables, on empêche d’autres de mesurer la gravité de leurs actes. »
Joint par notre journal, l’avocat du cinéaste Hervé Témime affirme
que « Roman Polanski conteste fermement toute accusation de viol ». « A
titre personnel, précise le conseil du réalisateur, je ne peux que
constater que les faits allégués datent d’il y a quarante-cinq ans.
Qu’ils n’ont, pendant toutes ces longues années, jamais été portés à la
connaissance de l’autorité judiciaire ou de M. Polanski. Dans de telles
conditions, je déplore gravement la parution, à la veille de la sortie
du film, de telles accusations. »
Roman Polanski, le producteur Alain Goldman, et l’équipe du
film lors d’une projection de «J’accuse» à Paris, le 4 novembre. Photo
Thomas Samson. AFP
Alors que la photographe Valentine Monnier accuse Roman Polanski de
l’avoir violée en 1975, la promotion du nouveau film du réalisateur
franco-polonais, inspiré de l’affaire Dreyfus, est fortement perturbée.
Question posée par Nicolas le 10/11/2019
Bonjour,
Nous avons élargi votre question, qui était à l’origine : «Jean Dujardin a-t-il stoppé la promotion du film « J’accuse » ?»
Vous évoquez les nouvelles accusations de viol à l’encontre du réalisateur Roman Polanski, qui perturbent la promotion de son dernier film, «J’accuse», dont la sortie est prévue demain, 13 novembre, dans les salles françaises.
C’est précisément la sortie de ce film, consacré à l’affaire Dreyfus, qui a poussé la photographe Valentine Monnier à témoigner auprès du Parisien le 8 novembre dernier. «En 1975,
j’ai été violée par Roman Polanski. Je n’avais aucun lien avec lui, ni
personnel ni professionnel, et le connaissais à peine. […] Ce fut d’une
extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad
[Suisse]. Il me frappa, me roua de coups jusqu’à ma reddition puis me
viola en me faisant subir toutes les vicissitudes. Je venais d’avoir
18 ans et ma première relation seulement quelques mois auparavant. Je
crus mourir», affirme-t-elle au quotidien, qui affirme avoir pu vérifier ce témoignage auprès de plusieurs témoins.
Les faits, aujourd’hui prescrits, se seraient déroulés dans le chalet
du cinéaste, en Suisse. Aucune plainte ne fut jamais déposée. Le
réalisateur, de son côté, nie et réfléchit à une riposte judiciaire.
La publication de cet article intervenait dans un contexte doublement particulier : outre la sortie du film, le papier du Parisien a été publié quelques jours seulement après une longue enquête de Mediapart, où Adèle Haenel accusait le réalisateur Christophe Ruggia de «comportements sexuels inappropriés entre 2001 et 2004», alors que l’actrice avait entre 12 et 15 ans.
Pas de 20 heures de TF1 pour Dujardin
Depuis les révélations du Parisien, la promotion du film a subi un net coup d’arrêt. Comme l’ont depuis expliqué le Parisien et le Monde, Jean Dujardin a d’abord annulé sa venue, dimanche 10 novembre, au 20 heures de TF1.
France Inter a également annoncé qu’Emmanuelle Seigner, actrice dans le film et épouse de Polanski, s’était «décommandée» de l’émission Boomerang prévue ce mardi. Sur la même antenne, l’émission d’Antoine de Caunes Popopop,
enregistrée avec Louis Garrel, autre acteur du film, n’a pas non plus
été diffusée lundi 11 novembre, car tournée avant les révélations du Parisien. «La question de cette nouvelle accusation n’était pas posée»,a expliqué la directrice de la radio publique, Laurence Bloch, à l’antenne. Ajoutant que France Inter, partenaire du film, continuera d’en faire la promotion, estimant que les «auditeurs sont adultes, et ils feront en conscience ce qu’ils croient devoir faire». Quelle forme, dès lors, prendra cette promotion ? Contactée par CheckNews, Laurence Bloch répond : «Ce que l’on fait toujours lorsqu’il y a des partenariats : la diffusion des messages de recommandation à l’antenne.»
De son côté, France 5 n’a pas non plus diffusé ce lundi l’émission C à vous, enregistrée il y a quelques jours avec Louis Garrel.
Ces annulations en cascade signent-elles la fin de la promotion du film, avant même sa sortie ? Contacté par CheckNews, Dominique Segall, attaché de presse du film, n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations.
«Dans cette histoire, j’ai retrouvé des moments que j’avais parfois vécus moi-même»
Dans le dossier de presse du film, Polanski faisait lui-même l’analogie entre l’affaire Dreyfus et celles qui le concernent.
C’est son ami, le philosophe Pascal Bruckner, qui l’interroge dans ce
document accompagnant la sortie du film. Sa question est la suivante :
«En tant que juif chassé pendant la guerre et cinéaste persécuté par
les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe
actuel qui, tout en vous poursuivant dans le monde entier pour empêcher
la projection de vos films, a obtenu votre exclusion de l’Académie des
Oscars ?»
Réponse de Polanski : «Travailler, faire des films m’aide
énormément. Dans cette histoire, j’ai retrouvé des moments que j’avais
parfois vécus moi-même. Je peux voir la même détermination pour nier les
faits, et me condamner pour des choses que je n’ai pas faites. La
plupart des gens qui me harcèlent ne me connaissent pas, et ne
connaissent rien du dossier en question. Mon travail n’est pas
thérapeutique. Toutefois, je dois admettre que je suis familier avec un
grand nombre de rouages de l’appareil de persécution montré dans le
film, et que cela m’a clairement inspiré.»
Depuis 1977, le réalisateur est accusé par la justice américaine
d’avoir drogué Samantha Geimer, et de l’avoir violée dans la maison de
Jack Nicholson à Los Angeles, pendant que ce dernier était en voyage. Comme le rappelait récemment l’AFP, «il
avait alors plaidé coupable de détournement de mineure après avoir eu
des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans.
Ce seul chef d’accusation retenu était le résultat d’un accord à
l’amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement
de chefs d’accusation plus graves, notamment viol d’une mineure sous
l’emprise de stupéfiants. Condamné à 90 jours de prison, il avait été
libéré après 42 jours. Mais le juge avait ensuite estimé la sentence
insuffisante. Polanski avait choisi de s’envoler pour la France. Il est
depuis sous le coup d’un mandat d’arrêt.»
Ces dernières années, plusieurs femmes, toutes mineures au moment des
faits évoqués, ont également accusé Polanski de viol. En 2010, en plein
festival de Cannes, l’actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé
le réalisateur d’avoir «abusé [d’elle] sexuellement» à 16 ans
lors d’un casting en 1983. Une deuxième femme, identifiée comme «Robin»,
l’a accusé en août 2017 d’agression sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans,
en 1973. En septembre 2017, Renate Langer, ancienne actrice, avait
déposé plainte, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors
qu’elle avait 15 ans. La plainte a été refusée par la justice suisse, au
motif que les faits étaient prescrits. Roman Polanski a toujours nié
ces accusations.
Si on doit répondre par oui ou par non à cette question, il faut
répondre oui. Pas seulement en 1974, mais jusqu’au tout début des années
80. En guise de réponse plus détaillée, voici un article écrit dans
Libé, par un journaliste de Libé, en 2001. Sorj Chalandon y revient sur
la manière dont libé a traité de la question de la pédophilie, ne
réfutant rien du passé, et tentant de l’expliquer.
Cordialement
C.Mt
Voici de qu’écrivait Sorj Chalandon :
Dimanche, dans son éditorial, Jean-Claude Guillebaud, journaliste à
Sud-Ouest (et au Nouvel Observateur), écrivait à propos des années 70 et
de la pédophilie: «Des crétins dans le vent allaient jusqu’à vanter la
permissivité en ce domaine, sans que cela ne suscite beaucoup de
protestations. Je pense à ces écrivains qui exaltaient dans les colonnes
de Libération ce qu’ils appelaient « l’aventure pédophile ».»
«Je faisais un cunnilingus à une amie. Sa fille, âgée de cinq ans,
paraissait dormir dans son petit lit mitoyen. Quand j’ai eu fini, la
petite s’est placée sur le dos en écartant les cuisses et, très
sérieusement, me dit « à mon tour, maintenant ». Elle était adorable.
Nos rapports se sont poursuivis pendant trois ans.» C’est un homme qui
parle. Il s’appelle Benoît. Son interview, titrée «câlins enfantins»,
est précédée d’une phrase du journaliste: «Quand Benoît parle des
enfants, ses yeux sombres de pâtre grec s’embrasent de tendresse.» C’est
terrible, illisible, glaçant. Et publié dans Libération le 20 juin
1981.
Une autre fois, en 1979, défendant à pleines brassées de mots et de
pages un moniteur d’éducation physique condamné pour détournement de
mineur, Libé titre «baudruche» une affaire qu’il estime se dégonfler.
Des journaux avaient mis en scène des accusations de «prostitution
enfantine», de «traites d’enfants». Tout cela était faux. Ce qui était
vrai, en revanche, c’est que cet homme mêlait des enfants à ses
saloperies d’adulte. Le journaliste de Libération interroge le juge
d’instruction chargé de l’enquête. «Cet homme était-il violent avec les
enfants?» «Non, répond le juge, mais il les faisait pisser et chier dans
les partouzes.» «Mais y a-t-il proxénétisme?», continue le journaliste.
«Non, mais il leur faisait faire des horreurs, jouer avec leurs
excréments, ils en mangeaient.» Presque victorieusement, l’article
estime avoir démonté la machination parce qu’aucune violence n’avait été
exercée sur les enfants. Voilà. Alors «lâchez-nous les baskets»,
grondait l’article juste à côté, pour lequel cette «baudruche dégonflée»
n’est rien de plus que l’expression d’«une campagne d’ordre moral».
Laboratoire. L’ordre moral. Voilà l’ennemi. Et Libération de cette
époque n’est rien d’autre que l’écho particulier du vertige commun. Nous
sommes à la fin des années 70. Les traces du mai des barricades
traînent sur les murs et dans les têtes. «Interdit d’interdire»,
«contestons toute forme d’autorité». C’est plus qu’une période, c’est un
laboratoire. Accoucheur d’espoirs, de rêves, de combats insensés. Et de
mons tres. A Libération comme ailleurs, l’affrontement fait rage sur
tout. Une page de courrier pédophile déclenche la polémique. Mais est
néanmoins publiée. Il y a panique à revêtir les oripeaux du censeur.
Mais dans les locaux, des coups sont échangés. Des coups encore,
lorsqu’un chroniqueur de la nuit arbore une croix de fer allemande au
comité de rédaction. Celui qui frappe est conspué par de nombreux
présents. L’interdiction, n’importe laquelle, est ressentie comme
appartenant au vieux monde, à celui des aigris, des oppresseurs, des
milices patronales, des policiers matraqueurs, des corrompus. La pensée
est en confusion. La violence politique est un autre moyen de la
politique. On a raison de séquestrer les patrons, on a raison de traquer
les possédants, on a raison de se révolter et de jouir sans entrave. On
a raison de soutenir les prisonniers, les homosexuels, les fous, les
drogués. Les femmes se révoltent, et les hommes cherchent une nouvelle
place. Dans ce tumulte, ce retournement des sens, cet ancrage de repères
nouveaux, dans cette nouvelle préhension de la morale et du droit,
cette fragilité et cette urgence, tout ce qui se dresse sur le chemin de
toutes les libertés est à abattre.
A Libération même, soucieux de traquer en chaque mot l’ordre établi,
la déviance libérale ou gauchiste, des journalistes ont pour tâche de
contester tout établissement d’une ligne figée. C’est la fièvre. Un
homme en jupe, inconnu, ivre, couvert de pisse et de morve, hurlant et
pleurant s’invite au comité de rédaction pour dénoncer le reste du
monde. Il n’est pas mis à la porte. Les journalistes l’écoutent jusqu’à
ce qu’il parte. Il ne faut mépriser personne, entendre toute minorité.
Respecter le droit à la différence. La pédophilie, qui ne dit pas son
nom, est un simple élément de cette tourmente. Sauf pour ceux qui la
revendiquent comme un acte «d’éducation militante», elle ne vient que
rarement sur le devant de la scène. Le mot est terrible aujourd’hui.
Mais elle n’est pas le problème d’alors. D’elle-même, et seulement, elle
s’inscrit dans un bouillonnement chaviré, où chacun puise ce qu’il
croit salvateur. C’est ainsi, c’est hier. C’est comme ça.
Pétitions. En janvier 1977, trois hommes comparaissent devant la cour
d’assises de Versailles pour «attentats à la pudeur sans violence sur
mineurs de moins de 15 ans». Leurs trois années de détention préventive
déclenchent une pétition relayée par Libération. Le texte ne laisse
aucune place à l’ambiguïté. Une fois encore, il affirme que les enfants
n’ont subi «aucune violence», qu’ils étaient «consentants». «Si une
fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire?», demande la
pétition. Le texte estime qu’il n’y a pas «crime» et que «trois ans
pour des baisers et des caresses, ça suffit». Qui signe? Aragon, Bernard
Kouchner, André Glucksmann, François Chatelet, Jack Lang et bien
d’autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin.
Un peu plus tard, une lettre ouverte à la commission de révision du code
pénal exigeait que soient «abrogés ou profondément modifiés» les
articles de loi concernant «le détournement de mineur», dans le sens
«d’une reconnaissance du droit de l’enfant et de l’adolescent à
entretenir des relations avec les personnes de son choix». Qui signe?
Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir,
Alain Robbe-Grillet, Françoise Dolto, Jacques Derrida. Interrogé
aujourd’hui, Philippe Sollers, signataire lui aussi de cette supplique,
ne se souvient pas. Mais il a une formidable phrase de ce temps: «Il y
avait tellement de pétitions. On signait presque automatiquement.»
Du plaisir à la souffrance. Sollers exagère à peine. En cette époque
de violence extrême, sociale, politique, humaine, certains ont publié
des textes, signé des manifestes, sont descendus dans la rue même, pour
sou tenir des actes que parfois ils n’approuvaient pas. D’autres, comme
ces pétitionnaires qui demandent la modification de la loi, associent
sans malice, sans calcul, sans démagogie le texte protégeant les mineurs
aux textes tout juste abrogés réprimant «l’adultère, l’interruption
de grossesse et les pratiques anticonceptionnelles». Coucher avec un
enfant? Une liberté comme les autres. Sous toutes les plumes, toujours,
d’articles en tracts et de prises de parole en tribunes libres, les
mêmes mots reviennent : «l’évolution de notre société». «Il faut changer
la vie», écrit en 1979 dans Libération, un pédophile emprisonné. «Nos
lois sur la sexualité des mineurs ne sont plus en adéquation avec cette
époque», écrivent d’autres pétitionnaires. Ils estiment que l’on doit
aborder autrement tout le système éducatif. Que nier sa sexualité à
l’enfant, c’est nier qu’il est un être à part entière. Et que la société
leur donnera bientôt raison. Ils ont eu tort.
«Elle gazouille quand elle éprouve du plaisir», écrit encore Benoît
le malade, racontant la petite fille de cinq ans. Et il aura fallu du
temps, tout ce temps, pour que le gazouillement ou le silence des
enfants souillés se transforment en mots. Puis en colère. En accusation,
enfin. Et que les voix d’adultes prétendant que l’enfant trouve du
plaisir à ces jeux soient recouvertes par les voix d’enfants qui disent
que tout cela n’est que souffrance.